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« Les beaux décors inspirent l’imaginaire », Jacques Perrin
« Un jour, un enfant qui découvrait la mer m’a demandé : « L’océan, c’est quoi l’océan ? » ». Premières secondes du film éponyme, scandées par l’enchanteur Jacques Perrin. Inondé de lyrisme, le charme opère dès cette introduction. En véritable démiurge, le conteur s’efface… Vous êtes ainsi envoûté par l’univers marin. L’image vous appâte et telles des sirènes, les premiers accords de la bande originale vous enchaîne définitivement aux extrêmes frontières d’une féerie environnementale. Fi des légendes, d’une Atlantide édulcorée par le Monde du silence filmé par le Commandant Cousteau ! « A contextes différents, films différents », l’état de santé des océans et la vie marine ont changé. Il en fallait du culot pour faire sécession avec cet héritage documentaire sous-marin. Jacques Perrin a soigné son titre et veut faire du beau. Il a pris parti de laisser tomber un nom féminin - « La mer » - chargé de tant de qualificatifs négatifs comme « cruelle » ou « déchaînée ». Tout en réalisme, il n’oublie pourtant pas ce visage de Janus. Epoustouflantes images ! Elles sont le fruits d’un véritable travail d’équipes (douze au total !) sous les directions d’Oli Barbé pour la production, Jacques Cluzaud, pour la réalisation et Luciano Tovoli, pour la photographie. Entre surface et profondeurs, elles témoignent des ingéniosités techniques dont il a fallu faire preuve : le mini-hélicoptère silencieux téléguidé, la caméra mi-air mi-eau, des scaphandres recycleurs sans bulle... L’étrange grue du système Thétys, présentée à l’entrée du Salon Nautic 2009, révélait cette débrouillardise de terrain, développée sur une expérience acquise lors des précédents tournages comme Le peuple migrateur ou Voyageur du ciel et de la mer (Futuroscope). Une manière de filmer inventive sur quatre années et cinquante sites exceptionnels. Parmi les nombreux partenaires, la Marine nationale a apporté une large contribution à ce tournage en surface et sous la mer. Cinq jours sur le bâtiment de soutien mobile Loire et six jours sur la frégate anti sous-marine Latouche-Treville ont permis d’obtenir des vues insolites comme celle d’une cavalerie de dauphins, vue de face, celle du souffle d'une baleine ou encore du déplacement à grande vitesse de poissons pélagiques. Plus de cent espèces représentées laissent entrevoir la diversité exubérante des océans qui occupent les trois-quarts de la Terre. Tout simplement, magnifiques, la faune, la flore vous entraine ainsi un peu plus d’une heure quarante.
Jacques Perrin nous avait déjà conquis par sa touche environnementale dans les airs et l’infiniment petit (Microcosmos). Ici, Océans, apparaît bien comme le chef d’œuvre. Un maître est né de l’écume. Acteur, il a déjà si bien porté l’uniforme du marin beau gosse. Quelle midinette n’a pas eu un faible pour le charmant matelot des Demoiselles de Rochefort ou le charisme d’officier du Crabe-Tambour. Avec Océans, Jacques Perrin incarne ce qu’il y a de plus beau, de plus vivant, de plus troublant : une prise conscience universelle.
Qu’attend donc la Marine nationale pour lui décerner une distinction ?
Figure de proue emblématique du monde marin, il différencie les comportements irresponsables, du savoir-faire des vrais gens de mer. C’est bien sur ce point, au-delà de l’ode à la faune et la flore, que son film est porteur d’espérance !
A défaut d’appartenir au groupe des écrivains de marine ou du corps des peintres officiels de la Marine, quand Jacques Perrin se verra-t-il décerner un sabre d’honneur ?
Pour en savoir plus sur internet ...
Des dossiers à télécharger et des aides pédagogiques complémentaires sur :
www.oceans-lefilm.com/enseignants
... et en librairie
Les ouvrages publiés ont une exclusivité aux éditions Seuil et Seuil Jeunesse et sont, pour la plupart écrit sous la plume de Stéphane Durand, plongeur professionnel et biologiste et François Serano, docteur en océanologie, fondateur et président de l’association « Longitude 181 Nature » dont l’objectif est la protection du milieu marin. Il a été chef de mission sur la Calypso aux côtés du Commandant Cousteau.
Le peuple d’Océans,
à partir de 8 ans,
sorte de story-board de 150 photos,
Seuil Jeunesse, 12 €
Cherche et trouve Océans, livre-jeu à partir de 3 ans, illustré par Thierry Laval, Seuil Jeunesse, 20 pages, 10 €
Océans petites histoires des fonds marins,
Stéphane Durand, Marc Boutavant,
Jacques Perrin (narrateur),
album, avec 1 CD, à partir de 4-5 ans,
éditions Seuil Jeunesse, 26 pages, 18 €
Océans,
beau - livre de Stéphane Durand ,
éditions Seuil, 307 pages, 45 €
L’agenda Océans,
de Stéphane Durand, François Sarano
éditions Seuil, 100 pages, 18 €
Océans de Jacques Perrin / Film et livres
lundi 18 janvier 2010
En salle,
le 27 janvier 2010